Analyse de la mortalité par cause de décès
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Résumé
Le présent rapport s’intéresse aux techniques de projection de la mortalité par désagrégation des causes de décès. Effectivement, cette technique permettrait de projeter la mortalité de manière plus fine, car des prévisions désagrégées permettent de capter les tendances spécifiques à chaque cause de décès. Cependant, les techniques actuelles supposent l’indépendance des décès. Cette hypothèse n’est pas vérifiée en pratique, et des outils de projection prenant en compte les dépendances entre cause de décès ne sont pas encore bien développés.
La première étape de notre analyse, est d’exposer le contexte de la mortalité par cause. Nous présentons d’abord les données et les outils disponibles, en particulier la classification internationale des maladies de l’OMS (ICM). Nous établissons ensuite des statistiques générales sur les causes de décès dans douze pays occidentaux en 1995 et 2005. La plus grande cause de décès de ces pays est représentée par les maladies cardiovasculaires, et ces pathologies ont sensiblement diminué en dix ans dans la plupart des pays européens. Les tumeurs ont également diminué, mais à une vitesse inférieure, ce qui implique que leur proportion a augmenté au cours des 10 ans. En affinant nos statistiques, nous étudions ensuite l’importance de paramètres comme l’âge et le sexe sur la mortalité. Nous concentrons notre enquête sur les âges élevés en étudiant les classes d’âge 60-64 ans et 80-84 ans. Nous avons constaté que les femmes ont un taux de mortalité souvent deux fois inférieur à celui des hommes quelles que soient les maladies, mais cet écart se réduit pour les âges élevés : l’âge influe davantage sur la santé que le genre au cours du temps. De plus, si entre 60 et 64 ans on meurt plus de tumeurs que de pathologies cardio-vasculaires, ces dernières entre 80 et 84 ans prennent complètement le pas (sans distinction de sexe) sur les tumeurs. Enfin, si on compare les taux de mortalités bruts entre les classes d’âge 60-64 ans et 80-84 ans, ils sont multipliés par 4 ou par 5 et voire même 6 en l’espace de 20 ans pour les pathologies cardio-vasculaires, tandis qu’ils ne font que doubler pour les tumeurs. La diminution significative des maladies cardiovasculaires dans tous les pays occidentaux étudiés entre 1995 et 2005 est due aux politiques de santé menées dans ces pays. Finalement, nous exposons des précautions à prendre vis-à-vis des données de mortalité par cause en raison des difficultés à caractériser les causes de décès, aux causes de décès multiples et la révision de la CIM.
Dans une deuxième étape, nous étudions comment et par quelles démarches, les théories mathématiques peuvent nous aider à représenter et projeter la mortalité par désagrégation des causes de décès. Nous nous appuyons sur les données de mortalité par cause de la population féminine française entre 1979 et 2004 de l’INED. Dans une première section, nous effectuons des projections de mortalité par modélisation des proportions de cause de décès. Cette méthode est utile quand on souhaite déduire les taux de mortalité par cause à partir des taux globaux de mortalité. Puis nous comparerons les projections de mortalité par la méthode de Lee-Carter avec et sans désagrégation des causes de décès pour déterminer laquelle est la plus efficace. Cette méthode suppose l’indépendance des causes de décès. Nous vérifions les résultats énoncés par Wilmoth (1995), c’est-à-dire que les prévisions désagrégées sont plus pessimistes. Dans le cas de la population féminine française, cette technique donne de meilleurs résultats que les projections classiques sans désagrégation. Dans une troisième section, nous analyserons l’impact des différentes causes de décès sur la mortalité avec la théorie des risques concurrents. Nous calculons ainsi l’augmentation d’espérance de vie gagnée pour chaque cause de décès. Nous étudions en particulier les pathologies cardio-vasculaires, car ce sont celles qui provoquent le plus de décès dans la population humaine.
Enfin, nous exposerons une méthode originale proposée par Oeppen qui propose une projection de mortalité par cause prenant en compte des contraintes sur les différentes causes pour se comporter de manière cohérente.
Mémoire complet
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Document créé le
05/27/2009
par
Frédéric PLANCHET
/ Dernière mise à jour:
05/27/2009
par
Frédéric PLANCHET